Le marché obligataire : la renaissance du crédit

Après des années dominées par les actions, le marché obligataire regagne en 2025 ses galons d’actif incontournable. Le resserrement des primes de risque, des rendements redevenus attractifs et des taux de défaut contenus incitent les investisseurs à réallouer massivement vers le crédit, en particulier en Europe.

Des spreads en forte compression
Les chiffres sont parlants : entre fin 2024 et septembre 2025, les primes de risque se sont nettement réduites sur l’ensemble des segments obligataires. En zone euro, l’Investment Grade (IG) est passé de 101 à 83 points de base, tandis que le High Yield (HY) s’est resserré de 328 à 294 pb. Même tendance aux États-Unis, avec des spreads IG de 82 à 79 pb et HY de 292 à 283 pb.
 

Les dettes subordonnées financières et les titres hybrides d’entreprise affichent également des contractions spectaculaires : -23 pb et -21 pb respectivement. Quant aux AT1 bancaires en euros, ils enregistrent une baisse de près de 60 pb. Cette dynamique témoigne de la confiance retrouvée des investisseurs et de la perception d’un risque de crédit mieux maîtrisé.
 

Le marché primaire illustre cet engouement : les émissions obligataires trouvent preneurs rapidement, les investisseurs étant en quête de rendement dans un environnement de baisse graduelle des taux directeurs. Le crédit apparaît comme une alternative attractive face à des marchés actions chers et volatils.

Rendement attractif, défauts contenus
La remontée des taux des banques centrales entre 2022 et 2023 a permis de reconstituer des niveaux de rendement désormais jugés compétitifs. En 2025, les obligations IG offrent des coupons supérieurs à 3 %, tandis que certaines émissions HY dépassent 6 %, avec un profil de risque jugé acceptable.
 

Du côté des fondamentaux, les entreprises européennes affichent une résilience notable. Le taux de défaut reste en ligne avec la moyenne de long terme, autour de 3 %, loin des pics observés lors des grandes crises financières. Les bilans d’entreprise, globalement assainis depuis la pandémie, bénéficient d’une structure de dette plus allongée et d’un refinancement facilité par les politiques monétaires accommodantes.
 

Pour les investisseurs institutionnels, le crédit redevient une source de portage crédible dans les allocations, notamment pour les fonds de pension et les assureurs, friands de rendement récurrent et de diversification. Les segments les plus recherchés restent les subordonnées financières et l’IG corporate, perçus comme offrant le meilleur compromis risque/rendement.

2025 marque le grand retour de l’obligataire dans les portefeuilles. Le resserrement des spreads et le maintien de taux de défaut contenus offrent une fenêtre d’investissement favorable. Mais ce regain d’intérêt dépendra de la capacité des entreprises à préserver leurs marges dans un environnement économique incertain et d’une trajectoire monétaire qui reste tributaire de l’inflation.

 


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